mardi 28 avril 2015

#3 - S'enfuir


Ce matin ils toussaient tous comme des tuberculeux, j’avais failli me faire plaquer au sol par le vent avant de parvenir à me hisser dans la cage à microbes, et franchement j’étais pas d’humeur. J’ai remonté mon col et me suis isolée debout, dans un coin du bus, façon psychopathe en faction. Faut dire que des virus de tout poil ça fait deux semaines que j’en bouffe et je me demande si l’écologie du transport en commun ne finit pas à sa façon par creuser le trou de la sécu, bref (comme dit l’autre), j’étais de mauvais poil. Heureusement pour mes voisins, je me suis immergée fissa dans mon road trip au cœur des états d’Amérique (tes états d’âmes, sont pour moi…) j’ai suivi les péripéties de Bev* et Neeva* dans le Dakota (ritournelle des Brigitte en boucle dans ma tête), espionné cette curieuse Berner* et je suis arrivée, au zoo.
 
* Canada - Richard FORD.

samedi 25 avril 2015

#2 - Ce samedi là que j'avais tant attendu (infinitif)

Prendre son petit dèj en solo, à midi du mat. Avoir réussi cette grasse mat tant projetée tous les autres jours de la semaine, semaine qui me laisse exsangue, l'œil gonflé, les jambes douloureuses et la langue pâteuse. Est-ce pour cela qu'on vit, travailler comme des enragés sans voir la couleur du jour pour quelques petites miettes de liberté jetées avec condescendance par une grosse main paternaliste écartant les nuages: "tiens, petit, c'est le week end"?

jeudi 23 avril 2015

#1 - 23 avril


D’abord ils ont fermé le parking relais  et ça a été la galère pour s’acheminer au zoo le matin. J’ai pris le bus, naturellement. Puis je me suis rendue compte que c’était le seul moment de « latence » de ma journée, de contemplation benoîte, de non connexion à un quelconque réseau. J’y ai pris goût et décidé de m’atteler à l’observation silencieuse, à l’introspection méthodique et au temps qui passe sans trompe-l’œil.